Ayant acheté ses deux livres, je peux dire que son parcours m’a profondément marquée et touchée. À travers ses mots, j’ai retrouvé une partie de mon histoire, de mes émotions et de mes combats. En tant que fille de parents sourds et aujourd’hui maman de trois enfants sourds, je vis au quotidien la réalité de la surdité, non pas comme un handicap à réparer, mais comme une identité linguistique et culturelle à reconnaître et à respecter.
Depuis toujours, j’ai fait le choix de privilégier la Langue des Signes Française (LSF), car elle est leur langue naturelle, leur langue de cœur, celle dans laquelle ils peuvent s’exprimer librement, sans effort ni frustration. Ce choix, je l’ai fait pour leur bien-être, pour leur donner une communication riche et accessible dès le plus jeune âge. Et les résultats sont là : mes enfants évoluent rapidement à l’école, apprennent avec plaisir et s’épanouissent dans leurs relations sociales.
Ce contraste est d’autant plus frappant lorsque je vois leurs camarades dont les parents ont été orientés vers l’oralisme strict, souvent dès l’annonce de la surdité. Je n’ai absolument rien contre ces familles, car je sais qu’elles ne sont pas responsables. Elles font ce qu’elles pensent être juste, guidées par des professionnels censés les accompagner. Malheureusement, beaucoup reçoivent des informations partielles, biaisées ou trop médicales, où l’on promet un avenir meilleur en “réparant l’oreille”, comme si la surdité n’était qu’un problème technique à résoudre.
Ce discours occulte l’essentiel : le besoin fondamental de tout enfant est de communiquer, d’être compris, de pouvoir construire sa pensée dans une langue accessible dès le premier jour. Une langue qui ne demande pas d’effort surhumain, une langue qui ne fait pas dépendre la réussite de technologies, d’opérations ou de séances interminables de rééducation. La communication est un droit, pas une option.
Même si les choses évoluent aujourd’hui — et je reconnais que l’on progresse, notamment dans la sensibilisation et la visibilité de la LSF — nous sommes encore loin d’un véritable respect du choix linguistique des familles et des enfants sourds. La loi de 2005, qui reconnaît pourtant la LSF et garantit l’égalité des chances, reste trop souvent mal appliquée, mal comprise ou simplement ignorée. Beaucoup de parents sont encore mal informés, et les parcours scolaires sont très inégaux selon les régions, les établissements et la qualité de l’accompagnement.
C’est pour toutes ces raisons que je conseille vivement les livres de cette auteure à toute personne ayant un proche, un ami ou un membre de la famille concerné par la surdité. Ces ouvrages offrent une vision réaliste, humaine et profondément bienveillante de ce que signifie grandir sourd, être parent d’un enfant sourd ou accompagner une famille dans ce chemin parfois difficile. Ils permettent de comprendre que la langue des signes n’est pas un choix “militant” ou “alternatif”, mais tout simplement un moyen naturel d’assurer le développement, l’épanouissement et l’autonomie des enfants sourds.
Si vous connaissez quelqu’un confronté à ces questions, offrir ces livres peut réellement changer sa vision, éclairer ses décisions et ouvrir la porte à une communication plus juste, plus respectueuse et plus sereine.